Titre: Illettré, Cécile Ladjali

ISBN : 978-2-330-05791-6

Genre : Roman pour adultes 

L'histoire 

Illettré raconte l’histoire de Léo, vingt ans, discret jeune homme de la cité Gagarine, porte de Saint-Ouen, qui chaque matin pointe à l’usine et s’installe devant sa presse ou son massicot. Dans le vacarme de l’atelier d’imprimerie, toute la journée défi lent des lettres que Léo identifie vaguement à leur forme. Élevé par une grand-mère analphabète, qui a inconsciemment maintenu au-dessus de lui la chape de plomb de l’ignorance, il a quitté le collège à treize ans, régressé et vite oublié les rudiments appris à l’école. Puis les choses écrites lui sont devenues peu à peu de menaçantes énigmes. Désormais, sa vie d’adulte est entravée par cette tare invisible qui grippe tant ses sentiments que ses actes et l’oblige à tromper les apparences, notamment face à sa jolie voisine, Sibylle, l’infirmière venue le soigner après un accident. Réapprendre à lire ? Renouer avec les mots ? En lui et autour de lui la bonne volonté est sensible, mais la tâche est ardue et l’incapacité de Léo renvoie vite chacun à la réalité de ses manques : le ciel semble se refermer lentement devant celui que les signes fuient et que l’humanité des autres ignore.

Source : Actes Sud

L'avis de Handibib 

Ce roman nous touche car il nous met véritablement dans la tête, les pensées de Léo. On se retrouve, comme lui, confronté à des situations qui sont un frein alors qu'elle nous paraissent banales au quotidien. Cécile Ladjali évoque notamment la période des élections et le moment où Léo aimerait aller voter mais face à ces cartons, il ne peut faire un choix car il ne peut tout simplement pas lire les noms des candidats. On est, comme dans l'album jeunesse Mo, dans un décor où le personnage principal est constamment entouré par les mots car il travaille dans une imprimerie. Au coeur de cette situation de handicap, nous vivons au rythme d'une histoire d'amour bouleversante. Cette histoire est née autour des mots, elle évolue autour des mots et elle se complique à cause des mots. On sent véritablement l'oppression et l'omniprésence de la lecture et de l'écriture qui déclenche une empathie certaine pour Léo. 

"Il n'y a que les mots qui peuvent tirer les hommes de l'obscurité. Les mots que l'on lit et que l'on grave sur l'écorce des chênes. Car ne faire que parler c'est peut-être rester dans les ténèbres." 

On en parle ici 

Un bel article de Ouest France nous en apprend un peu plus sur Cécile Ladjali et son lien tout particulier avec la lecture et l'écriture.

L'autrice

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